La vie de Cyprien Katsaris est tout entière consacrée à la musique et il faudrait un livre pour faire tenir
sa biographie au complet … Pianiste à part, son jeu est marqué, d’une part par sa virtuosité, mais surtout par sa douceur
et sa sensualité. Cyprien Katsaris a aussi le talent et le don d'éclairer les œuvres par leurs chants cachés et de
s'amuser à offrir au public plusieurs vues d'une même partition comme Chopin lui-même le faisait. Pour que la
description pianistique de Cyprien Katsaris soit complète il faut aussi mentionner son don – très travaillé – pour
des improvisations dans la lignée de Franz Liszt et des grands claviéristes.
Il donne des récitals dans tout ce que le monde entier compte de salles de concert de prestige et il a
joué avec les plus grands orchestres (Philharmonique de Berlin, Staatskapelle Dresden, Orchestre du Gewandhaus de Leipzig,
Orchestre de Chambre de Vienne, les orchestres de Cleveland, Philadelphie, Detroit, Washington D. C., Montréal,
Toronto, Royal Concertgebouw Amsterdam, NHK de Tokyo, Philharmonique du Japon, Orchestre de Chambre de Corée,
Orchestre Symphonique de Pékin, Orchestre Philharmonique de Shanghai, Philharmonique de Moscou,
Orchestre Philharmonique George Enescu de Bucarest, Orchestre Symphonique de la RAI de Milan,
Orchestre de la Suisse Romande, Orchestre de Chambre d'Europe, Budapest Festival Orchestra,
Auckland Philharmonia, Orchestre Philharmonique de la ville de Mexico …) et sous la direction
des plus grands chefs (Eugene Ormandy, Leonard Bernstein, Nikolaus Harnoncourt, Sir Simon Rattle,
Christoph von Dohnányi, Charles Dutoit, Mstislav Rostropovitch, Kent Nagano, Myung Whun Chung, Kurt Masur,
Sir Neville Marriner, Sir Charles Mackerras, James Conlon, Ivan Fischer, Antal Doráti, Rudolf Barshai,
Vladimir Fedoseyev, Sandor Végh, Jukka-Pekka Saraste, Xian Zhang ...).
Quelques dates de son exceptionnel parcours peuvent être mises en avant :
• En 1986, c’est Cyprien Katsaris que Karl Münchinger, pour son concert d’adieu,
invite à jouer le Concerto en ré majeur de Haydn avec l’Orchestre de Chambre de Stuttgart.
• En 1992, c’est Cyprien Katsaris que la Télévision Japonaise NHK engage pour
une série de treize émissions sur Chopin.
• Le 17 octobre 1999 c’est encore lui qui est demandé pour donner le récital
au Carnegie Hall de New-York, en mémoire de Frédéric Chopin, le jour même du 150ème anniversaire de la
disparition du compositeur avec une standing ovation du public à l’issue du concert.
• Le 27 janvier 2006, jour du 250ème anniversaire de Mozart, Cyprien Katsaris
fut le soliste du concert inaugural de l’Orchestre Mozart de Mannheim fondé et dirigé par Thomas Fey.
• Quelques mois plus tard, Cyprien Katsaris donne des master-classes dans la
maison de Franz Liszt à Weimar : il est le premier pianiste autorisé à le faire … depuis Franz Liszt lui-même.
• En août 2008, 10 pianistes renommés sont invités à donner un concert dans
le cadre des Jeux Olympiques de Pékin au National Center for the Performing Arts ... On en demande deux à Cyprien Katsaris.
• Pour son premier concert inaugural, c’est à Cyprien Katsaris que la toute
nouvelle Fondation Louis Vuitton fait appel, le 10 juillet 2014.
Au rayon « discographie », Cyprien Katsaris a notamment reçu le Prix de l’Association Britannique des Disquaires,
le Grand Prix du Disque Frédéric Chopin à Varsovie, le Grand Prix du Disque Franz Liszt.
Il a été Disque de l’Année en Allemagne pour le disque 9e Symphonie de Beethoven/Liszt.
Cyprien Katsaris aime tant la musique, tant la faire découvrir, tant la faire entendre sous des
aspects connus et moins connus qu’après avoir enregistré pour plusieurs labels majeurs pendant des années
(Sony Classical, EMI, Deutsche Grammophon, BMG/RCA, Decca…) il a créé son propre label, Piano 21, pour
atteindre sa pleine liberté artistique.
À côté du répertoire traditionnel tel que l’intégrale des concertos de Mozart qu’il a enregistrée
live et jouée à Salzbourg et à Vienne, avec l’Orchestre de Chambre Philharmonique de Salzbourg et Yoon K. Lee,
Cyprien Katsaris s’est attaché à faire revivre des partitions oubliées, dont le Concerto dans le style hongrois
de Liszt/Tchaïkovski qu’il a enregistré avec Eugène Ormandy et le Philadelphia Orchestra, ainsi que la version
pianistique du Chant de la Terre de Gustave Mahler avec Brigitte Fassbaender et Thomas Moser.
Il a également collaboré avec de grands artistes lyriques tels que Mady Mesplé, Margaret Price,
et Chritstoph Prégardien.
En tant que pianiste majeur à travers le temps, Cyprien Katsaris est par ailleurs cité dans les ouvrages
de référence suivants: Harold C. Schonberg, The Great Pianists : From Mozart to the Present ;
The New Grove Dictionary of Music and Musicians ; Die Musik in Geschichte und Gegenwart:
Allgemeine Enzyklopädie der Musik (MGG) ; Baker's Biographical Dictionary of Musicians ; Harenberg Klaviermusikführer ;
David Dubal, The Art of the Piano: Its Performers, Literature and Recordings ; Catherine Lechner-Reydellet,
La Grande École française du piano.
Les cinéastes Claude Chabrol et François Reichenbach ont filmé Cyprien Katsaris en concert. Par ailleurs,
il a été entre 1977 et 2007 le directeur artistique du Festival International d’Echternach (Luxembourg).
Cyprien Katsaris a été nommé « Artiste de l’Unesco pour la Paix » en 1997. Il est aussi
« Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres » depuis 2000.
Avant d’en arriver là, né le 5 mai 1951 à Marseille, Cyprien débute le piano avec
Marie-Gabrielle Louwerse à l’âge de 4 ans au Cameroun, où il passe son enfance.
Puis mène des études traditionnelles au CNSMD de Paris, dans les classes d’Aline van Barentzen,
Monique de La Bruchollerie et Jean Hubeau.
Lauréat de plusieurs prestigieux concours internationaux tels que le Concours International
Reine Elisabeth de Belgique, le Concours International Cziffra, la Tribune Internationale des
Jeunes Interprètes-Unesco, il entame alors une carrière internationale au cours de laquelle se
sont enchaînés, aux quatre coins du monde, les concerts, les émissions de radio et de télévision pour ce pianiste hors normes.
Laissons le dernier mot à Olivier Messiaen qui avait détecté chez Cyprien un talent au-delà des normes :
« J’ai eu la chance d'entendre Cyprien Katsaris dans son éblouissante interprétation du 3ème Concerto
de Rachmaninov et aussi dans une magnifique exécution du dernier de mes Vingt Regards.
Sa technique d'acier, sa fougue, sa force et son autorité, sa brillance enfin, font de Cyprien Katsaris
un merveilleux pianiste, et j'ai la plus entière confiance en son avenir ».